TOPONYMIE ET ONOMASTIQUE EN ZONE FANG-BOULOU...

TOPONYMIE ET ONOMASTIQUE EN ZONE FANG-BOULOU BETI DU SUD-CAMEROUN, PAR MARIE-ROSE ABOMO-MAURIN ENSEIGNANTE DE LITTÉRATURE & CIVILISATION D’AFRIQUE

Dans le cadre de ce colloque, Toponymie et Pluridisciplinarité, la présente étude se charge d’analyser le rapport entre toponymie et onomastique dans la zone fang-boulou-beti du Sud Cameroun. L’espace qui est étudié dans le roman est généralement fonctionnel, en tant qu’espace vécu, solidement ancré dans une histoire à laquelle il sert de cadre. Mais, la dimension qui manque à cette analyse se rapporterait, semble-t-il, aux notions de géographie, de topographie ou de chorographie.
La géographie est à considérer comme l’une des sciences des phénomènes de société. Elle vise en effet à la connaissance de la production et à l’organisation de l’espace par l’homme. Elle renvoie également à un ensemble de lieux à l’intérieur d’un espace donnée, avec des différences et des caractéristiques propres. Cette notion de géographie convoque enfin toutes les relations, internes et externes, que ces lieux entretiennent autant que leur organisation.
La topographie s’attache à la situation et à la description du terrain. Elle concerne plus spécifiquement les formes du relief : altitudes, pentes, configurations. Elle est la technique de représentation sur un plan des formes du terrain, avec les détails des éléments naturels ou artificiels qu’il porte. Quant à la chorographie, autrefois appelée cosmographie, elle est la description d’un pays. La chorographie a trait à la représentation des phénomènes d’étendue, elle désigne la configuration géographique d’une région donnée. Ainsi donc, la chorographie est la description d’un pays, comme la géographie est celle de la terre et la topographie celle d’un lieu particulier.
Qu’est-ce qui caractérise la toponymie pahouine du Sud-Cameroun ? Quelle relation peut-on établir entre toponymie, géographie, topographie et onomastique ? Trois étapes d’analyse permettent de répondre à ces questions : il est question dans un premier temps de d’analyser la formation des toponymes réels. Dans un second et troisième temps, on verra comment Mongo Beti et Jacques Fame Ndongo construisent et recourent à l’onomastique toponymique dans leurs romans. Si le premier oscille en effet entre réalisme, humour et ironie ; le second, quant à lui, s’adonne, dans la mise en place de son système onomastique toponymique, à une construction ludique.
I – Toponymes réels, origine et signification.
La toponymie est la science qui permet d’étudier l’origine des noms de ville, ainsi que la transformation de ces noms au fil des siècles. Cette science se base sur des écrits d’époque, les racines des noms, leur histoire ou encore leur situation géographique. Or, comme on le sait, en ce qui concerne le Sud- Cameroun, très peu d’études ont été faites sur l’origine des toponymes. Toutefois, il est possible, grâce à l’étymologie des noms de ces lieux, d’en saisir le sens. Ainsi donc, les toponymes tiennent des domaines aussi divers que le relief ou topographie, la végétation, l’hydrographie ou la faune. Certains rendent compte d’événements passés, surtout dans cette région de grands guerriers à qui le travail de fer a donné l’occasion d’écumer à plusieurs reprises les groupes sociaux des régions par lesquelles ils passaient.
Composition de toponymes
On distingue trois types de composition de toponymes :
- Les noms simples indiquant le singulier : Ayos)1), Nden(2).
- Les noms simples indiquant le pluriel : Meba3, Meyos (singulier ayos), Melen (singulier : alen : palmier).

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