Diop Birago

DIOP BIRAGO (1906-1989)

« Les morts ne sont pas sous la terre : / ils sont dans l’arbre qui frémit, / ils sont dans le bois qui gémit, / ils sont dans l’eau qui coule, / ils sont dans l’eau qui dort, / [...] les morts ne sont pas morts ».

Ces vers souvent récités, où se condense le vieil animisme africain, ont fait de l’œuvre de Birago Diop l’une des plus populaires de la littérature négro-africaine de langue française.
Ce vétérinaire, né près de Dakar, qui avait étudié à Toulouse et qui fut le chef des services de l’élevage de l’ancienne A.O.F., avait commencé à écrire des poèmes à la manière de Musset et de Verlaine, recueillis par la suite dans Leurres et lueurs (1960). Son goût pour la tradition du conte, avivé au contact d’Amadou Koumba N’Gom, griot de sa famille maternelle, et d’autres informateurs rencontrés lors de ses tournées en brousse, le conduisit à transposer dans l’écrit la faconde de l’oralité : Les Contes d’Amadou Koumba (1947), puis Les Nouveaux Contes d’Amadou Koumba (1958), Contes et lavanes (1963) et enfin Contes d’Awa (1977).

Les contes de Birago Diop dégagent un charme tout particulier : ils sont encore proches de la parole des griots, qu’ils restituent dans leur gestuelle et leurs apartés, dans l’alliance de l’humour et du réalisme. L’Os , adaptation de l’un d’eux pour le théâtre, créée à Dakar en 1967, a donné à Peter Brook l’occasion d’une de ses mises en scène les plus accomplies (1979).
Birago Diop avait été ambassadeur du Sénégal en Tunisie, de 1960 à 1964, avant de revenir à son métier de vétérinaire. Il a égrené ses mémoires en cinq volumes riches d’anecdotes, de La Plume raboutée , 1978, à Et les yeux pour me dire , 1989.

La vie de Birago Diop

SOUFFLE DE BIRAGO DIOP