PRODUCTION CULTURELLE AFRICAINE, INADÉQUATION ENTRE L’OFFRE ET LA DEMANDE. PAR OLYMPE BHÊLY-QUENUM

PRODUCTION CULTURELLE AFRICAINE, INADÉQUATION ENTRE L’OFFRE ET LA DEMANDE. PAR OLYMPE BHÊLY-QUENUM


CE TEXTE EST UNE CONTRIBUTION DE L’AUTEUR À LA CONFÉRENCE ORGANISÉE PAR L’ASSOCIATION SCIENCES PO POUR L’AFRIQUE À PARIS 19 MARS 2015

Ce thème porte sur : les vastes implications de la littérature africaine notamment, de sa méconnaissance et des obstacles qu’elle rencontre pour éclore mondiale-ment au grand jour.

« Le sujet est assez politique », a précisé l’Association de Sciences Po pour l’Afrique (ASPA)
En répondant à mon invitation, un ancien ministre béninois qui est aussi universitaire a assené : « La question même de littérature ’africaine’ mérite d’être repensée ».

Je l’ai compris en me souvenant de quelques livres récents édités çà et là en Afrique francophone. Quelle indigence ! Ceux qui n’ont jamais lu George Eliot, ni Virginia Woolf, ni Joyce ; ou en français : ni George Sand, ni Flaubert ni Proust ne comprendront rien au mystère au cœur de la création littéraire qui n’a rien à voir avec une rédaction ou une dissertation.

Chez moi, le fonctionnement de ma langue maternelle dans mon tréfonds participe parfois de ce mystère ; nombre de nos langues maternelles sont flexibles ; en choisir une ou deux dans chacune des anciennes colonies d’AEF et AOF pour les enseigner dès l’école primaire, le colonialisme, sans porter la moindre atteinte à la langue française, nous aurait initiés à écrire en langues africaines aussi ; en l’occurrence, les futurs écrivains pourraient écrire en leurs langues maternelles ou en français, ou bien, traduire en français des livres dont la version originale serait en langue africaine.

Ancien professeur de lettres classiques profondément écrivain, je suis convaincu que l’enseignement des langues africaines judicieusement choisies aurait été pour nos livres en langues africaines un tremplin efficace de leur succès auquel ajouterait leur traduction en français ; mais l’assimilation dont les séquelles perdurent, hélas ! avait radicalement ostracisé cet enseignement en générant la déréliction des langues africaines.

On parle de la littérature africaine sans qu’elle existe en langue africaine dans les ex- d’AEF et AOF. Voyons : les mères- porteuses reçoivent d’abord le sperme d’un homme et l’enfant qui naît a un père connu ou anonyme ; la langue maternelle d’un enfant est la matrice de son ipséité ; nos langues maternelles africaines n’étant pas les génitrices de la création littéraire africaine, les grands Blancs qui analysent et exploitent cette création afin d’en être les spécialistes dans les universités pérorent que sans eux les écrivains africains n’existeront pas. La cerise sur le gâteau, c’est que des nègres compradores emboîtent servilement le pas à la déloyauté et à l’arrogance en copiant les appréciations, au lieu de lire autrement les créations jugées par des étrangers qui ne comprennent aucune langue africaine. […] La suite ci-dessous pièce jointe

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