LES PREMIERS OUTILS DU MONDE (EN AFRIQUE) PAR...

LES PREMIERS OUTILS DU MONDE (EN AFRIQUE)
PAR AUGUSTIN HOLL, ARCHÉOLOGUE

(DOSSIER TÉLÉCHARGEABLE CI-DESSOUS)

L’histoire initiale de cet immense continent naît avec l’apparition des premiers hominidés, qui pourraient être Toumaï, dans le Djourab (actuelle république du Tchad) il y a 7 millions d’années et, un million d’années plus tard, Orrorin au Kenya. Néanmoins, la dimension culturelle n’apparaît qu’il y a environ 3,3 millions d’années avec l’invention des premiers outils en pierre, retrouvés aussi au Kenya sur la rive ouest du lac Turkana. Pour retracer la genèse du continent, il faut tenir compte de toutes ses facettes : rivières, lacs et zones phyto-géographiques se sont rétractés et étendus au gré des changements climatiques. Des individus, des clans et des groupes entiers se sont déplacés. Tandis qu’apparaissaient de nouveaux groupes, d’autres disparaissaient. En outre, la tra ?ectoire évolutive des sociétés africaines a été déterminée – et continue de l’être – par la convergence de facteurs extérieurs au groupe. Le changement peut être progressif et graduel, aussi bien que soudain et révolutionnaire ; dans tous les cas, le succès ou l’échec dépend de la compatibilité du nouveau avec l’ancien.

La maîtrise de la taille de la pierre serait le point de démarcation entre l’animalité et l’humanité. C’est l’Homo faber – l’homme fabricant – qui donnera l’Homo habilis, découvert dans les sédiments des gorges d’Olduvay en Tanzanie. Cette hypothèse vient d’être remise en question puisque les premiers outils lui seraient antérieurs : cela suggère la complexité des espèces qui allaient donner, sans solution de continuité, Homo proprement dit, et les outils en pierre ont accompagné cette mutation. L’association — toujours délicate à établir — des restes fossiles avec les balbutiements des cultures matérielles est déterminante. Au fil des découvertes dont nous indiquons la chronologie, elle remonte à un passé de plus en plus lointain.

LES DÉCOUVERTES ANTÉRIEURES

L’industrie ostéodontokératique (utilisant l’os, la dent et la corne sans aucune préparation, sim- plement brisés, ou des pièces retouchées et même emboîtées, presque emmanchées), quoique partiellement réfutée par l’étude des processus de fossilisation des grottes sud-africaines, reste plausible, d’après les recherches sur les grands primates. Les travaux de Louis et Mary Leakey dans les gorges d’Olduvay (Tanzanie) informent sur l’association hommes fossiles et outils en pierre. Ces complexes, organisés en une succession chronologique, remontent à 1,8-2 millions d’années (MA). Ils se composent majoritairement d’éclats bruts avec, à des fréquences variables selon les sites, des galets à taille unifaciale – choppers –, des galets à taille bifaciale et multifaciale – chopping tools – et des pièces lithiques peu modifiées – manuports.

DEUXIEME ÉTAPE

L’expédition internationale de l’Afar (Éthiopie orientale), qui permit en 1974 de découvrir Lucy, a révélé que les pièces lithiques trouvées dans les sédiments des membres Kada Hadar et Kada Gona sont plus anciennes.

[…]
(SUITE DU DOSSIER TÉLÉCHARGEABLE PIÈCE JOINTE CI-DESSOUS)

Navigation

Soutenir par un don