LES INSTRUMENTS ARATOIRES EN AFRIQUE TROPICALE. LA FONCTION ET LE SIGNE. DE C. SEIGNOBOS & JACQUELINE PELTRE-WURTZ

LES INSTRUMENTS ARATOIRES EN AFRIQUE TROPICALE. LA FONCTION ET LE SIGNE. DE C. SEIGNOBOS & JACQUELINE PELTRE-WURTZ
ÉDITIONS DE L’ ORSTOM‬, 1984

QUAND L’ÉTUDE DES OUTILS CONDUIT À UNE COMPRÉHENSION EN PROFONDEUR DE LA RÉALITÉ DES AGRICULTURES ET DES SOCIÉTÉS AFRICAINES

INTRODUCTION

Le présent cahier avec pour thème « les instruments aratoires prend la suite de « L’arbre en Afrique Tropicale ». Il garde le même cadre géographique et se veut dans le même esprit multidisciplinaire.
Le sujet n’est pas neuf, mais le recueil systématique des matériaux, souvent considéré comme suffisant, est loin d’être réalisé. Les documents disponibles sont aussi dispersés qu’inc.omp1et.s et des aires instrumentales entières sont peu ou pas connues.
Prélevés à diverses époques et de façon souvent annexe par des auteurs aux préoccupations diverses, ils ne présentent aucune homogénéité, la description morphologique de l’outil n’est pas toujours assorti de sa gestuelle, les variantes sont souvent négligées et, les aires de diffusion ne sont que rarement définies avec précision ; et enfin, et surtout, l’outil n’est, pas pcrcu dans un « réseau opératoire », ni replacé au sein de l’agro-système.
Lorsque nous nous sommes réunis avec J. PELTRE-WURTZ et B. GÉRARD afin de lancer ce travail, nous envisagions un recensement, des outils dans les zones les plus vastes et les plus jointives possibles, les chercheurs engageant ensuite la problématique de leur choix. Renouveler et accroître le corpus des données qui alimente actuellement les débats théoriques nous semblait d’autant plus impératif que les instruments aratoires en Afrique subissent - comme tout élément de culture matérielle - de rapides transformations, voire des disparitions pures et simples.
Toutefois, il est malaisé de se placer en amont d’une recherche et, d’une wrtaine facon, de la commanditer, si bien que cette démarche n’a pu que très partiellement aboutir.
Cette collecte de travaux n’a pas la prétention de renouveler le sujet, mais il n’est pas inutile qu’il soit repris aujourd’hui avec le rappel de la seule étude d’envergure en langue française le concernant : l’ouvrage de H. RAULIN, « La dynamique des techniques agraires en Afrique Tropicale du Nord » (1967). Elle fait donc le point, sur un certain nombre de directions de recherches entreprises dans des disciplines aussi variées que la géographie, la sociologie, l’ethnologie, la linguistique et l’histoire...
L’outil est à la fois objet et pretexte d’étude.
Pris comme fil conducteur il sert des investigations fort. dissemblables.
Les données brutes sur l’outil, de t,ype fiches muséographiques, ont été croisées avec d’autres et entrent dans des réflexions concernant la chaîne des techniques culturales et, au-delà, les stratégies agraires.
La fluidité des instruments aratoires permet aussi de tester le dynamisme des agro-systèmes et la souplesse des pratiques paysannes.
Des ensembles instrumentaux régionaux ou ethniques sont confront& aux techniques de production et aux techniques d’encadrement. Le rôle passé de l’outil et des sociétés de forgerons, ainsi que les rapports inter-ethniques basés sur leurs productions, sont abordés, de même qu’à l’opposé, la problématique de la culture attelée et mécanisée.
L’outil, enfin, est replacé dans le système de représentation sociale et il est également décrit comme enseigne ethnique et comme participant à l’univers symbolique et aux pratiques rituelles.

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