LA FONCTION MUETTE DU LANGAGE. ESSAI DE...

LA FONCTION MUETTE DU LANGAGE. ESSAI DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE CONTEMPORAINE
DU PROF. JACQUES COURSIL, LINGUISTE, SÉMIOTICIEN, PHILOSOPHE DES MATHÉMATIQUES
ÉDITIONS IBIS ROUGE, 2000

Les trois analyses qui composent cet essai constituent une introduction à la « fonction muette » du langage, celle de sujet entendant ; pour un sujet qui parle, il en faut au moins un qui entende et qui ne parle pas. Le dialogue, lieu de parole, est aussi par nécessité, un espace de silence. Le sujet qui entend et qui ne parle pas ne quitte pas pour autant la sphère du langage. Son activité d’entendant, activité intelligente par excellence, est une expérience de langue. Le sujet qui parle entend aussi ; autrement dit, le parlant est également un entendant : parler présuppose la capacité d’entendre. Ainsi dans le dialogue, parler est un événement, et entendre, une constante. L’activité de langage se partage donc en deux rôles dialogiques, celui d’entendant qui parle et celui d’entendant qui ne parle pas. Dans ces trois analyses, la fonction muette d’entendant est définie comme une activité de langage, montrable comme telle.

AVANT PROPOS

Les trois analyses qui composent cet essai consti- tuent une introduction à la « fonction muette » du langage, celle de sujet entendant : pour un sujet qui parle, il en faut au moins un qui entende et qui ne parle pas ; le dialogue, lieu de parole, est aussi par nécessité, un espace de silence.
Celui qui parle entend aussi ; autrement dit, le parlant est également entendant ; l’oiseau parlant le mieux éduqué n’est pas compté dans la masse des sujets de langage - masse parlante - parce qu’il n’entend ni le dis- cours qu’il dit ni la langue qu’il parle : parler présuppose la capacité d’entendre. Dans le dialogue, parler est un événement, et entendre, une constante. L’activité de langage se partage donc en deux rôles dialogiques, celui d’entendant qui parle et celui d’entendant qui ne parle pas ; en d’autres termes, il y a, dans un dialogue, autant d’entendants que de participants.
Le sujet qui entend et qui ne parle pas ne quitte pas pour autant la sphère du langage. Son activité d’entendant, activité intelligente par excellence, est une expérience de langue. Dans les trois analyses qui suivent, la fonction muette d’entendant est définie comme une activité de langage, montrable comme telle.
La fonction cognitive du langage est une question récurrente chez les philosophes. Leibniz écrit dans les Nouveaux Essais : « Je crois véritablement que les langues sont le meilleur miroir de l’esprit humain et qu’une analyse exacte de la signification des mots ferait mieux connaître que tout autre chose les opérations de l’entendement. » [Leibniz, ed. 1995].
Wittgenstein ouvre sa Grammaire Philosophique sur la question de la primauté du sujet de la compréhension. Il note : « qu’entend-on par « comprendre » ou « ne pas comprendre » une proposition ? [...]

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